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L’opposante Nathalie Yamb expulsée de Côte d’Ivoire

L’opposante Nathalie Yamb expulsée de Côte d’Ivoire

Installée dans le pays depuis de nombreuses années, la militante suisso-camerounaise avait fustigé la « Françafrique » lors du sommet Russie-Afrique à Sotchi, en octobre.
Le Monde avec AFP Publié hier à 10h01
Temps deLecture 2 min.
Nathalie Yamb lors du sommet Russie-Afrique à Sotchi, en octobre 2019.
Nathalie Yamb lors du sommet Russie-Afrique à Sotchi, en octobre 2019. Nathalie Yamb / Twitter
La militante suisso-camerounaise Nathalie Yamb, du parti d’opposition ivoirien Lider (Liberté et Démocratie pour la république), a été expulsée de Côte d’Ivoire, lundi 2 décembre, quelques semaines après son intervention contre la « Françafrique » lors du sommet Russie-Afrique à Sotchi, a affirmé à l’AFP le chef de file du Lider, Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien ministre. La confusion a régné pendant la journée sur le sort de la militante, convoquée à la préfecture lundi matin et qui a passé la journée sans pouvoir communiquer avec l’extérieur.
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« Ils l’ont mise dans l’avion pour Zurich avec un changement à Paris. Elle a découvert sa destination à l’aéroport. On a pu lui parler brièvement. On lui reproche une “activité incompatible avec l’intérêt national”, nous a-t-elle dit », a rapporté Mamadou Koulibaly en soirée. « On lui dit qu’elle est une étrangère qui fait de la politique en Côte d’Ivoire, qu’elle critique trop les autorités, que c’est un trouble à l’ordre public, a-t-il ajouté. Normalement, il devrait y avoir un procès. Mais ils s’abritent derrière un acte administratif et même si on fait un recours, cela prendra plusieurs mois. »
« L’histoire retiendra que [le président] Alasssane Ouattara, qui a fait sa carrière sur des accusations de xénophobie à son égard, est lui-même un xénophobe. Rien n’interdit à un étranger de faire de la politique. Il est simplement interdit d’être président d’une formation politique », a déclaré M. Koulibaly, rappelant que Mme Yamb était installée en Côte d’Ivoire depuis de nombreuses années. Elle y a travaillé pour un groupe de téléphonie, avant de « s’investir pleinement dans cette lutte que nous menons pour une nouvelle Afrique, l’émancipation de ses peuples ».

Des « accords de défense bidons »

« Son combat ne s’arrête pas à Abidjan. Sur le franc CFA, pour la démocratie, pour les droits de l’homme, contre les bases militaires que nous avons de plus en plus de mal à accepter. Nous tenons des propos véhéments, durs, mais c’est notre fonction d’opposition politique », a-t-il poursuivi. « Son expulsion a pour but de fragiliser le Lider en une année électorale » avant la présidentielle de 2020, a-t-il conclu.
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A Sotchi, fin octobre, Mme Yamb avait notamment déclaré lors d’une conférence : « La France considère toujours le continent africain comme sa propriété. […] Nous voulons sortir du franc CFA. […] Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises qui, sous le couvert d’accords de défense bidons, ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellions, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats. »
En mars, le polémiste et militant « anticolonialiste » Kémi Séba, Français d’origine béninoise, avait été expulsé de Côte d’Ivoire pour des « risques de troubles » avant de tenir un meeting.
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